Étranges pianos

Plus que tout autre, le piano est un instrument qui s’est prêté aux innovations les plus étonnantes de la part d’inventeurs en veine d’inspiration. On songe aux pianos girafes, aux pianos à claviers renversés du 19e siècle… Nous nous intéresserons ici aux pianos “superlatifs”, pour ne pas dire démesurés, et, dans un autre genre, aux instruments qui élargissent les horizons du piano.

Le piano est l’instrument du romantisme. S’il acquiert vers 1880 une forme et une constitution stabilisées, il n’a cessé depuis d’être l’objet des plus grandes audaces et des plus grands rêves. Sans prétendre à l’exhaustivité ni pouvoir rendre compte de toutes les utopies visuelles et sonores, on pourrait diviser cette galerie de l’extravagance en quatre catégories.
Le piano curiosité : le tripianoteur, le piano­cipède, le piano translucide, le piano aquarium, le piano avion, le piano oiseau… Ils sont légion.
Le piano dévié de sa fonction initiale comme le piano Baschet qui fait plutôt penser à de l’art campanaire ; le “pianocktail” imaginé par Boris Vian dans son livre L’Ecume des jours et réalisé par Benoît Poulain en 2007 ; tous les pianos pneumatiques, ou le piano Cortolette à clavier rentrant de Pleyel (1933) renfermant une radio, un phonographe électrique…
Le piano superlatif, celui qui pourrait appartenir au Livre Guinness des records, souvent anecdotique, mais intéressant en tant qu’expérience physique et acoustique.
L’au-delà du piano qui fait appel à des technologies non conventionnelles ou qui veut faire reculer les limites inhérentes à l’instrument sans tout à fait en créer un autre.
Les pianos curiosité et les pianos déviés de leur fonction initiale pourraient faire l’objet d’un livre ou du moins d’un catalogue tant ils sont nombreux et variés. C’est donc vers le piano superlatif et vers l’au-delà du piano que nous nous tournerons.

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