Stéphane Delplace : « Le contrepoint, une musique qui marche toute seule… »

Le compositeur Stéphane Delplace a publié une somme imposante de soixante Préludes et Fugues pour piano en deux livres, le premier ayant été achevé en 1994, le second en 2008.

Votre pensée musicale s’appuie sur l’exploration de formes classiques. Cependant, quelles raisons vous ont poussé à revenir sur la forme prélude, déjà si éminemment visitée ?
Je me souviens que l’évidence d’écrire des préludes et fugues m’est apparue assez tôt, avant même d’avoir fini mes études d’écriture. J’y éprouvais une telle jubilation que je me demandais pourquoi tout le monde ne le faisait pas !
Dans mes toutes premières années d’enseignement, un de mes élèves m’a dit un jour : « Quand j’ouvre Le Clavier bien tempéré, je le referme aussitôt, avec l’envie de changer de métier ! » Et j’ai réalisé que j’avais eu exactement la réaction inverse. S’il est un métier que très tôt j’ai voulu faire, oserai-je dire naïvement, c’est d’écrire des préludes et fugues ! Bach a envisagé que d’autres aient envie de faire ce qu’il avait fait et non l’inverse. C’est que le contrepoint, lorsqu’il est mû par l’harmonie, à la recherche permanente de la dissonance expressive au sein des degrés faibles des tonalité/modalité, devient une sorte de musique “exacte” qui se met à marcher toute seule ! Je ne me lasse pas de ce spectacle.

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