Les pianistes face à leur piano

Contrairement à la plupart des autres musiciens, le pianiste découvre, à chaque concert, un nouvel instrument qu’il doit apprivoiser très vite, en acceptant les bonnes et les moins bonnes rencontres. Comment les pianistes s’accommodent-ils de la situation ?

Demandez à un violoniste ou à un violoncelliste s’il serait capable de jouer en public sur un instrument qu’il aurait découvert quelques heures plus tôt, il est fort probable qu’il vous répondra par la négative. C’est pourtant le lot du pianiste qui, à chaque concert, découvre un nouvel instrument.

Le pianiste est infidèle à son instrument

Par la force des choses, le pianiste est un musicien "infidèle" : hors de son lieu de travail, il lui est impossible de s’attacher à un instrument en particulier. Au-delà des qualités ou des défauts des instruments eux-mêmes, il n’est certes pas évident de jouer chaque fois sur un nouvel instrument, différent de celui sur lequel on a forgé ses habitudes, ses sensations tactiles, ses réflexes kinesthésiques. Tous les musiciens savent combien ces choses-là sont importantes. Alors que la plupart des autres instrumentistes peuvent s’appuyer sur un outil devenu un compagnon de route, dont ils connaissent parfaitement tous les ressorts, qui les accompagne au quotidien et ne leur jouera pas de mauvais tour une fois sur scène, le pianiste doit chaque fois tisser des liens avec un nouveau piano et s’accommoder de celui-ci, avec la part de découverte mais aussi d’incertitude, voire de déception que cela implique.

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