Travailler la Sonate “Pathétique” de Beethoven

Composée entre 1798 et 1799, la Sonate n° 8 en do mineur op. 13 porta le titre de Grande Sonate Pathétique dès sa première publication en décembre 1799 à Vienne. Bien qu’il s’agisse d’une œuvre de jeunesse, de par son intensité, elle peut être mise en perspective avec les plus grands chefs-d’œuvre de Beethoven. Mathieu Papadiamandis nous donne quelques conseils pour aborder les 2e et 3e mouvements.

Le 18 décembre 1799, la Gazette de Vienne annonçait la parution d’une nouvelle sonate pour clavier signée Beethoven, la huitième d’un catalogue qui en comptera trente-deux.

Ecrite sans doute au cours de l’année précédente, l’œuvre est en do mineur et divisée en trois mouvements : Allegro (précédé d’une introduction notée Grave), Adagio cantabile, Rondo. Elle reçoit le numéro d’opus 13, ainsi qu’un surnom, motivé par son "caractère", qui la rend célèbre aussitôt : la “Pathétique”. Les musicologues ont pensé longtemps que ce titre était de Beethoven, avant d’apporter la preuve qu’il avait été approuvé par lui de son vivant, mais forgé par le premier éditeur de la sonate : Franz Anton Hoffmeister (1754-1812), compositeur lui-même et dédicataire de Mozart. Dans sa correspondance, Beethoven nomme alors Hoffmeister « mon frère le mieux aimé ». Le cas de la Sonate “Pathétique” diffère donc par exemple de celui de la Sonate n° 14, dite “Au clair de lune” (appellation posthume, inventée par le poète Ludwig Rellstab après une rêverie sur le lac des Quatre-Cantons !).


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