Claude Helffer :
«Jouez le répertoire contemporain !»

Comment aborder le piano contemporain ? C’est la question que se posent parfois de bons amateurs et même des pianistes professionnels ; nous l’avons posée à un orfèvre en la matière, Claude Helffer, pianiste à qui de nombreux compositeurs d’aujourd’hui ont dédié leurs œuvres.

Le pianiste amateur ou le professionnel non averti abordent avec réserve ou même angoisse le répertoire contemporain.
Pourtant, les difficultés des œuvres actuelles n’ont rien d’exceptionnel. Ce n’est pas un problème spécifique au 20e siècle. Les premières œuvres d’un compositeur sont généralement très ardues et c’est avec la maturité du créateur que vient une plus grande facilité d’exécution. Les premières œuvres de Chopin, de Schumann ou de Liszt ont provoqué, elles aussi, à leur époque, cette même anxiété !
Ce qui dérange le pianiste par rapport à ce qu’il joue habituellement, c’est l’absence de tonalité, l’absence de ligne mélodique, la métrique irrégulière ; les lignes ne sont pas “conjointes”, c’est à dire qu’il y a de grands sauts entre les notes (ce que l’on trouve déjà pourtant chez Mozart !).
Enfin, on ne se retrouve jamais dans cette musique qui évolue constamment sans jamais revenir en arrière. Il n’y a pas de forme A-B-A, encore moins de forme Sonate dans la musique d’aujourd’hui ! Le pianiste sera donc d’autant plus dérouté qu’il sentira que ses gammes, ses octaves, ses tierces ou ses sixtes ne lui serviront plus à rien. L’octave perd la position privilégiée qu’elle a occupée dans le répertoire, le compositeur dépasse souvent les lignes de la portée traditionnelle, il y a multiplication des indications de toute sorte. Le cerveau du pianiste est surchargé “d’information”.

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