Bruno Leonardo Gelber : vivre avec Beethoven

Bruno Leonardo Gelber a été un enfant prodige. A Buenos Aires, dès l’âge de cinq ans, il jouait déjà Beethoven. Quarante ans plus tard, ce grand pianiste romantique enregistre l’intégrale des sonates et des concertos. Comment vit-on toutes ces années avec Beethoven ? N’y a-t-il pas parfois lassitude ou routine ?

L ’art du musicien-interprète est sans doute le seul qui soit fondé sur la répétition, toute la vie, des mimes œuvres qui constituent son répertoire. Si sublimes que soient ces œuvres, ne risque-t-on pas un jour de ne plus y trouver grand-chose à dire ?
L’univers beethovénien est tellement important pour moi que je pourrais vivre toute ma vie de pianiste uniquement avec les sonates et ne rien jouer d’autre. Pour moi, aucun autre compositeur mieux que Beethoven n’est arrivé jusqu’aux « sphères sublimes », visionnaires, et n’a touché à l’au-delà par la souffrance, alors que Mozart y est parvenu par la lumière. Et cet au-delà, cet élan vers le haut par la souffrance, que l’on perçoit surtout dans les dernières époques de sa vie, me bouleversent. Quarante ans avec les sonates ? J’irai bien plus loin et vais vous dire quelque chose d’énorme : si un jour, je parviens à jouer la sonate Hammerklavier exactement comme je la sens, je serais le plus heureux des hommes et je pense que j’aurais accompli ce que j’ai à faire dans la musique…

Pour lire la suite de cet article (2352 mots):

Articles en relation :
L’Argentine au piano