Pianistes de légende

Celui-ci réapparaît, qu’on croyait ne plus entendre : Vladimir Horowitz. Celui-là annule ses concerts, qui ne l’avait jamais fait : Claudio Arrau. Cet autre ressuscite : Mieczyslaw Horzowski. Cependant que Nikita Magaloff poursuit discrètement ses tournées, Jorge Bolet se fait plus célèbre. Vlado Perlemuter sort de sa retraite. Et Sviatoslav Richter ne cesse de nous surprendre. Tous, ils sont amoureux de la voix et du chant. Tous, ils ont le culte de la sonorité, sans laquelle il n’est pas de grand pianiste. De grands pianistes de plus de 70 ans, enrichis toujours plus de leur longue carrière, que Claude Helleu nous décrit ici.

Vladimir Horowitz

La diva. Le plus “médiatisé”. Entré vivant dans sa légende il y a bien longtemps. Celui dont chaque apparition relève de l’événement international…

Claudio Arrau

Il n’annulait jamais ses concerts. Il les aime trop. Mais la mort de son fils, survenue accidentellement il y a peu de temps, l’a profondément choqué. Peu avant l’avait bouleversé celle de sa sœur, complice de toujours…

Mieczyslaw Horzowski

Le doyen. Presqu’aveugle, menu, il avance à petits pas. Sous l’épaisse chevelure blanche, le visage parcheminé garde une expression enjouée…

Nikita Magaloff

En six récitals, au printemps 1986, il présentait à Paris l’intégrale de l’œuvre de Chopin dans sa chronologie. Il l’y avait déjà donnée en 1946…

Jorge Bolet

La même allure tranquille de major de l’armée des Indes, la moustache toujours aussi noire mais le cheveu lissé plus argenté et clairsemé, Jorge Bolet demeure en sa 75e année tel qu’on le découvrait en France il y a 5 ans…

VIado Perlemuter

Tout blanc, les cheveux en harmonie avec le smoking, desséché, boitillant, mâchonnant… l’éternité ? Il apparaît totalement fragile…

Sviatoslav Richter

L’unique. Un crâne dégarni, un visage fermé, plat, un dos large, un cou épais, des lunettes pour voir la partition qu’il est seul à poser sur son Yamaha et qui le rassure, des mains puissantes dans le halo qui les englobe…

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