Pour ou contre le Conservatoire de Paris

Le CNSM de Paris, vénérable établissement dont on fêtera bientôt le bi-centenaire, suscite des critiques souvent virulentes. Selon certains de ses anciens élèves, représentés ici par Jean-Philippe Collard, on n’y apprendrait pas grand chose, on en sortirait inhibé jusqu’à la fin de ses jours et on y serait victime d’un sectarisme musical typiquement français. Bref, il porterait bien son nom ! Pourtant, lorsque l’on interroge élèves et professeurs, on s’aperçoit que le Conservatoire a de quoi se défendre et qu’il est, pour le moment du moins, irremplaçable. C’est la thèse que défend pour sa part cet autre ancien élève du CNSM, Bruno Rigutto. L’espoir de tous : que la prochaine installation dans des locaux neufs à la Villette lui permette un renouveau et pour les élèves un plein épanouissement. Alors, pour ou contre le CNSM ? Voici les éléments du dossier.

Jean-Philippe Collard : «Il faut réformer le Conservatoire !»

Il appartient à la catégorie des pianistes confirmés, aimés et écoutés qui ne gardent, hélas, pas un bon souvenir de leurs études rue de Madrid. Jean-Philippe Collard ne règle évidemment pas de comptes, mais il voudrait au contraire profiter des projets concernant le « temple », pour faire évoluer les choses. D’après lui, le Conservatoire est loin de remplir le rôle véritablement éducatif qui devrait être le sien. Un déménagement c’est bien, mais une réforme, ce serait mieux !

Plaidoyer pour le Conservatoire

Le CNSM a des défauts. Nul ne le conteste. Pourtant, c’est une vraie grande école. C’est ce qui ressort de l’enquête que Véronique Slama a réalisée auprès des professeurs et des élèves, actuels ou anciens, et d’observateurs de la vieille maison.

Bruno Rigutto : «Le Conservatoire a changé !»

Il appartient à cette catégorie de pianistes confirmés, aimés et écoutés qui se réjouit d’enseigner rue de Madrid. Nommé professeur intérimaire depuis l’an dernier, Bruno Rigutto a observé les mœurs de la maison. Il nous a confié ses premières conclusions. Pour lui, le Conservatoire a déjà bien changé. En bien !

Un dossier signé Catherine Michaud-Pradeilles, Véronique Slama, Michèle Worms