Le piano d’Olivier Messiaen

Le 80e anniversaire d’Olivier Messiaen est l’occasion de s’interroger sur la modernité et l’originalité de son œuvre pour piano. Pierre-Laurent Aimard, grand spécialiste — il fut notamment lauréat du Concours international Olivier-Messiaen en 1973 à Royan—, répond aux questions de Claude Samuel.

Vous souvenez-vous de votre première rencontre avec la musique d’Olivier Messiaen ?
Je devais avoir sept ans et j’habitais encore à Lyon, mais j’étais encore un peu jeune pour reconnaître une différence stylistique entre la musique de Messiaen et celle des autres compositeurs. Mon vrai contact avec l’œuvre de Messiaen date de l’époque où je suis entré au Conservatoire de Paris, dans la classe d’Yvonne Loriod. J’avais douze ans et j’ai immédiatement commencé à travailler des œuvres de Messiaen. Les Messiaen ont été extraordinairement affectueux à mon égard, ils m’ont emmené en tournée, m’ont permis de suivre certaines répétitions. Jusqu’au jour où je me suis présenté au Concours Messiaen.

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