Chopin et les interprètes français à travers la critique

Depuis les premiers enregistrements jusqu’à nos jours, qu’attend la critique française d’un bon interprète de Chopin ? C’est la question que s’est posée Danièle Pistone ; en dépouillant toute la presse musicale parue à partir de 1935, elle a trouvé quelques constantes dans l’itinéraire des interprètes — l’école française ? — et tracé le portrait du critique chopinien.

« Chopin est d’autant plus méconnu que ses exécutants travaillent plus à le faire connaître. (On peut interpréter plus ou moins bien Bach, Scarlatti, Beethoven, Schumann, Liszt ou Fauré. On ne fausse point leur signification en gauchissant un peu leur allure.) Il n’y a que Chopin que l’on trahisse, que l’on puisse profondément, intimement, totalement dénaturer. » Cet extrait des Notes sur Chopin* d’André Gide en dit long sur le problème de l’interprétation des œuvres de Chopin. La situation ne manque pas d’être paradoxale : tout le monde en effet s’accorde à dire qu’un pianiste « digne de ce nom » joue obligatoirement Chopin et cependant seuls de très rares interprètes gardent les faveurs de la critique.

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