Vlado Perlemuter par Jean Roy

Parce qu’il a, en 1927, travaillé sous la direction du Maître toutes les œuvres de piano de Maurice Ravel, parce qu’il les a jouées dans le monde entier et enregistrées deux fois, en 1956 et en 1972, parce qu’il a publié en collaboration avec Hélène Jourdan-Morhange un livre qui vient d’être réédité, Ravel d’après Ravel, Vlado Perlemuter est considéré comme un “ravélien” exemplaire.

Mais s’il ne se lasse pas d’interpréter et d’enseigner la musique de Ravel, il refuse d’être enfermé dans un répertoire qui comprendrait aussi l’œuvre de Frédéric Chopin qu’il joue pourtant mieux que personne. Il s’élève contre le préjugé selon lequel un musicien français ne peut pas jouer la musique allemande. Son répertoire n’est pas illimité, mais en consultant la liste des œuvres qui ont figuré dans ses récitals on s’aperçoit que si l’on trouve tout Ravel et presque tout Chopin, Vlado Perlemuter a, du côté des Français, joué Franck, Fauré, Debussy et Dukas, et, du côté des Allemands, Bach, Mozart, Beethoven, Mendelssohn, Schumann et Brahms. Liszt, bien sûr, dont il a enregistré la Sonate, ne manque pas à l’appel. Il faut également se souvenir qu’en 1929, l’année où il avait fait entendre, en deux récitals, l’œuvre complète pour piano de Ravel, il avait été un des solistes du Concert de Chausson et que l’année suivante, sous la direction de Philippe Gaubert, il avait joué le Troisième Concerto de Prokofiev…

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