Lang Lang, pianiste du 21e siècle

Lors de la première apparition de Lang Lang sur une scène française, le sourire se mêla à la stupéfaction. La virtuosité semblait sans faille, mais on ne remarquait que la gestuelle du pianiste qui nous paraissait remonter aux tout débuts du piano romantique. Imposture ou génie ? On en discute encore ! Mais Lang Lang se situe d’emblée parmi les grands pianistes du 21e siècle.

Une image d’abord. Celle qui orne le CD de Concertos de Beethoven par Lang Lang, l’Orchestre de Paris et Christoph Eschenbach. Le jeune pianiste, blouson noir de travers, le regard vaguement perdu vers le haut, est adossé à ce qui semble être un rideau métallique. Nous sommes dans l’univers du thriller, les référents culturels ne sont pas les référents traditionnels de la musique classique. Beethoven ou pas, nous sommes entrés dans un autre monde d’images et avec des images d’un autre monde. Incontestablement, Wilhelm Kempff, Emil Guilels ou Alfred Brendel ne se présentaient pas ainsi.

Le travail jusqu’à la folie

Et de fait, lorsque Lang Lang apparut dans le microcosme musical, on craignit le pire. Encore un artiste asiatique éphémère, à la carrière construite artificiellement, qui débarque avec une technique insolente et bien du mauvais goût dans l’interprétation des grands classiques.

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