Les mystères de la gestuelle

Lorsqu’Arthur Rubinstein, au visage si expressif, se mettait au piano, il devenait comme une statue, tout à l’écoute de ses voix intérieures. Le pianiste chinois Lang Lang, au contraire, se livre à des effusions lyriques dignes des pianistes du 19e siècle. Le pianiste espagnol Albert Nieto soutient cet « esprit du direct ».

Le geste de l’interprète peut être discret ou, au contraire, démonstratif. Ce peut être une légère mimique ou un grand mouvement des bras. Ou encore le non-geste, c’est-à-dire le statisme absolu. Quel qu’il soit, le geste du pianiste coïncide avec la perception auditive ; il est donc primordial. Peuvent en témoigner toutes les personnes qui ont eu l’occasion de voir et d’écouter des pianistes comme Sviatoslav Richter, Van Cliburn, Paul Crossley, Lang Lang ou Gianluca Cascioli.

Les grands artistes et le geste

Liszt avait déjà fait clairement référence à la gestualité : « On ne doit pas jouer pour les gens assis sur les fauteuils du centre […] mais pour ceux qui occupent les galeries et qui paient leurs billets dix pfennig, et qui ne doivent pas seulement entendre mais aussi voir (1). »

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