Robert Schumann, les Chants de l’ombre

« Le poète parle » : c’est le titre de la dernière pièce des “Scènes d’enfants” de Schumann (1810-1856), éminent représentant des états d’âme de la littérature romantique allemande. Humeurs changeantes, instantanés lumineux ou chargés de tristesse, halo glacé des derniers jours… L’œuvre pour piano de Schumann est célèbre, mais une bonne part est encore à découvrir.

Comme beaucoup de grand compositeurs classiques, Schumann est à la fois très célèbre et méconnu. A ne considérer que sa production pianistique, si tout le monde connaît les Scènes d’enfants ou le Carnaval, bien d’autres œuvres de première importance comme les Novellettes, l’Humoresque, les Nachtstücke, pour ne rien dire des Images d’Orient, des Chants de l’aube, de la Sonate n° 3 ou des Impromptus, restent assez confidentielles. Plus généralement, depuis un siècle et demi, semble avoir été accréditée l’idée que Schumann fut un compositeur de jeunesse, qui aurait dit l’essentiel avant ses 30 ans. On s’est beaucoup ému de son idylle avec Clara Wieck, dont chaque épisode constitue une scène fondamentale de la dramaturgie populaire romantique.

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