Le piano discret d’Henri Dutilleux

Moins célébré, sans doute, que sa production orchestrale ou que sa musique de chambre, le corpus pianistique d’Henri Dutilleux n’en illustre pas moins toutes les étapes créatrices de ce maître discret et original.

A l’image du compositeur, ces pièces se distinguent par leur concision, leur exigence et leur poésie. Œuvres majeures et emblématiques de son évolution esthétique y figurent au côté de petites pièces de circonstance que leur auteur a désavouées, mais qui ne manqueront pas de faire le bonheur des musiciens en herbe…

Un enfant du siècle

Né le 22 janvier 1916 (dans une famille d’artistes et de musiciens, originaire de Douai et réfugiée à Angers), Henri Dutilleux a traversé « dans la méditation » – comme il le dit à Claude Glayman(1) – les heures les plus sombres de l’Occupation – heures ensoleillées cependant d’une rencontre qui va marquer sa vie, celle de la pianiste Geneviève Joy, qui deviendra son épouse en 1946 et sera, jusqu’à sa disparition le 27 novembre 2009, sa plus fidèle interprète. Avant guerre, il s’était fait remarquer en obtenant le grand prix de Rome pour sa cantate L’Anneau du roi (1938).

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