Georges Cziffra le flamboyant

Pianiste de légende, Georges Cziffra, qui fête ses 70 ans, a longtemps été réputé pour sa seule virtuosité transcendante. Justice lui est rendue aujourd’hui pour la vraie face de son talent : l’intensité musicale.

On a beaucoup écrit sur ce petit prodige de cinq ans qui émerveillait les bienheureux mélomanes de la banlieue de Budapest en improvisant sur Carmen, Tannhäuser, ou quelques mélodies populaires. C’est une histoire connue. De ces histoires qui forgent les mythes. Plus tard, on se souviendra longtemps – et encore maintenant – de ce pianiste invraisemblable que l’on suivait de café en café, au “Gresham” ou au “Deak” peut-être, qui fascinait dans les années cinquante non seulement les noctambules magyares mais aussi les étudiants et les professeurs de l’Académie Franz Liszt. Voire les représentants de la culture officielle qui commençaient à réaliser que la Hongrie abritait un des pianistes les plus marquants de l’histoire de l’instrument. C’est une autre histoire, connue elle aussi. Sans doute ne savait-on pas que Cziffra, épuisé, rentrait chez lui au petit matin, refaisait sa technique plusieurs heures durant et apprenait du répertoire pour les vrais concerts dont il rêvait. On comprend pourquoi Cziffra croit plus au travail qu’aux dons…

« L’inadaptation relative de l’artiste est son véritable avantage ; elle lui permet de rester éloigné des grandes voies, de suivre sa propre aspiration et de découvrir ce qui manque aux autres, sans qu’ils le sachent. » C.G. Jung

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