Billy Eidi et l’émerveillement

Pianiste français d’origine libanaise, Billy Eidi est né en 1955 en Egypte. Il fait ses premières études musicales à Beyrouth. A vingt ans, alors qu’il vient d’être admis en faculté de médecine, il décide de s’installer en France, attiré par la culture et la musique de notre pays, lui qui est d’éducation anglaise. Il travaille avec Jacques Coulaud, au conservatoire de Versailles, avant d’obtenir, dans la classe de Jean Micault à l’Ecole normale de musique de Paris, sa licence de concert. Depuis ses premières apparitions publiques en France, il a contribué, avec ses programmes toujours renouvelés et cherchés, à faire entendre quantité de musiques méconnues, seul ou avec ses partenaires, comme le baryton Jean-François Gardeil. Voici ce qu’il nous dit de ses passions.

Eloge de la curiosité
J’ai un faible, c’est vrai, pour la musique française du 20e siècle. Quelque chose d’inexprimable me relie à des compositeurs aussi différents, apparemment, que Séverac et Ferroud, que Roussel et Sauguet, que Milhaud et Jean Françaix. C’est pour moi une famille, aux liens forts, au passé commun ; ils ont un même héritage, même si chacun l’a dépensé à sa façon. Longtemps j’ai regretté de n’y être pas entré plus tôt, de n’avoir pas fait mes premières études en français. Je crois avoir rattrapé le temps perdu, au centuple. Si j’y ajoute des vers de Verlaine, une toile de Watteau ou de Monet, je sais intimement que je ne me suis pas trompé, que je n’aurais pu m’épanouir dans une autre culture.

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