La transcription pour piano aujourd’hui

La modification, vers les années 20 et 30, de trois aspects fondamentaux de ce qu’était la musique, a irrévocablement ruiné la fonction et la pratique de la transcription au piano telle qu’elle avait cours au 19e siècle et au début du 20e siècle. Cependant, quelques fonctions de la transcription “à l’ancienne” demeurent, et certaines nouvelles formes de cette pratique apparaissent. Quelles sont les raisons historiques de l’actuelle désaffection pour un genre autrefois florissant ?

L’histoire du public

La disparition de l’amateur éclairé
Trois catégories de mélomanes constituaient le public du 19e siècle : le mélomane non compétent, simple auditeur pour le plaisir des sens, avec très peu de médiation intellectuelle ; l’amateur éclairé, lui-même instrumentiste – pianiste la plupart du temps, de bon, voire très bon niveau -, modèle de l’humaniste musicien, savant, mais désintéressé ; et enfin les professionnels. Les deux catégories extrêmes subsistent encore aujourd’hui, mais la catégorie de l’amateur, elle, se réduit. Nuançons : il y a bien sûr toujours des “amateurs éclairés”, mais, proportionnellement, leur nombre devient peu significatif par rapport à la masse actuelle du public, alors qu’au 19e siècle cette catégorie représentait le public qui comptait, pourrait-on dire, le public qui faisait les goûts et les succès.

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