Les jeunes compositeurs face au piano

Peut-on composer au piano ? Ecrit-on encore des concertos pour cet instrument ? Le répertoire passé sert-il de référence ? Le piano est-il sans reproches ? L’instrument doit-il évoluer ? Ces questions ont été adressées à un ensemble de compositeurs de moins de quarante ans. Avant de lire en détailles seize premières réponses de cette enquête à suivre, voici une première synthèse de leurs réflexions.

Les résultats de cette enquête conduisent à une première constatation : la plupart des compositeurs interrogés (Bechara El-Khoury, Michael Jarrell, Gérard Pesson, Anthony Girard, Gérard Gasparian, Bruno Giner, Marc-André Dalbavie, Pascal Zavaro, Jean-François Zygel, Emile Naoumoff, Thierry Escaich, Régis Campo, Eric Tanguy, Stéphane Blet, Joshua Fineberg, Franck Krawczyk) ont fait des études de piano (treize sur seize). Le passage par le piano reste donc la voie, sinon obligée, du moins la plus fréquente, pour accéder à l’écriture de la musique. Cela dit, le fait de n’être pas pianiste ne semble pas empêcher de composer pour cet instrument.

Composer au piano ?

« Je me méfie du piano utilisé comme unique moyen de composition », déclare Michaël Jarrell. Un bon nombre des compositeurs qui ont répondu à ce questionnaire manifestent une indéniable méfiance par rapport à une telle utilisation du piano. Pour beaucoup, le fait de se servir du piano pour composer ne peut être que réducteur de l’acte compositionnel. « Le travail “sans piano” reste nécessaire pour la vision globale de l’évolution formelle d’une œuvre », précise Thierry Escaich. « En composant sans piano, on gagne en liberté, en audace sur le plan polyphonique », ajoute Anthony Girard. L’écoute intérieure, le travail sur partition permettent de proposer des solutions inenvisageables « dans le cadre classique du compositeur écrivant au piano, avec tous les archétypes et les habitudes qui bien souvent s’y attachent » (Marc-André Dalbavie).

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