Le mystère des signes chez les compositeurs romantiques

Dans Piano n°9 (1995) Eric Heidsieck nous avait donné sa conception sur le sens des signes ❮❯ dans les sonates de Beethoven. Comme il nous l’avait indiqué, il ne s’agissait pas, pour lui, de révolutionner l’interprétation, mais de faire apparaître avec plus de clarté le rapport entre les signes des compositeurs et leur réalisation, telle que nous l’ont enseignée oralement nos maîtres. Cette année, il poursuit son étude à propos de Schubert, Chopin, Liszt, Brahms et quelques autres… Une tâche d’autant plus difficile que chacun d’entre eux a sa propre “signalétique”.

Schubert/Liszt : des notations contradictoires ?
Dans la Sonate en ut mineur de Schubert, 1er mouvement, variation du deuxième thème, nous trouvons, mesures 67 à 69, un signe absurde s’il est envisagé comme une nuance diminuendo…, et parfaitement logique s’il est considéré comme rubato, c’est-à-dire donnant l’impression d’un arc bandé dont la flèche atteindra de plein fouet la nuance d’un degré supérieur mf, accusant la soudaineté de l’arrivée en mi bémol mineur, qui peut être entendu comme suit :

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