Isaac Albeniz : à propos d’Iberia

Iberia, qui a fait couler beaucoup d’encre, reste peut-être le plus beau fleuron de toute la littérature espagnole pour piano, comparé par certains à un merveilleux tableau de l’Espagne, plein de rythmes et de panache, d’autres y voyant plutôt l’œuvre d’un prestidigitateur du piano qui a fait entrer la musique dans le 20e siècle, une sorte de révolutionnaire, annonciateur de Stockhausen ou de Messiaen. On peut dire qu’Iberia est l’un et l’autre à la fois. C’est essentiellement pour le pianiste une œuvre de couleurs dont les pièces portent toutes le nom d’une ville espagnole en référence à l’Andalousie : on n’y trouve cependant aucune intention descriptive, mais plutôt un hommage à l’Espagne pittoresque et chamarrée, nostalgique et violente, évoquée dans un folklore réinventé tout en restant authentique. Albeniz se nourrit du chant et de la danse populaires pour les intégrer à son propre génie.