Un portrait littéraire de Glenn Gould

Dans “Le Naufragé”, du romancier autrichien Thomas Bernhard*, Wertheimer et le narrateur sont deux amis et collègues de Glenn Gould, avec qui ils ont suivi un cours d’Horowitz. Le génie de Gould leur porte un coup fatal : l’un s’est suicidé et l’autre retourne inlassablement les raisons de cette mort volontaire. Un roman “noir”, qui dresse un portrait de Gould sous le seul aspect de l’effet funeste de son trop grand talent sur d’autres talents.

Glenn Gould est présenté dans ce livre comme un meurtrier involontaire : « En ce qui concerne la virtuosité pianistique et la musique en général, ce n’était pas Horowitz, mais Glenn qui nous avait tués, Wertheimer et moi, à un moment où nous croyions encore dur comme fer à notre virtuosité pianistique. Des années après le cours d’Horowitz, nous avions cru à notre virtuosité pianistique alors qu’elle était déjà morte au moment où nous avions fait la connaissance de Glenn. » Preuve de la fascination dérangeante qu’exerce Glenn Gould, Le Naufragé décrit (et réinvente, sur le seul critère d’une vraisemblance rarement exacte d’un point de vue biographique) son personnage par l’effet dévastateur de son art – un art qui tue.

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