“Pollini comme un mirage”, par Alain Lompech

En n’accordant quasiment aucun entretien, Maurizio Pollini facilite la tâche des critiques musicaux qui n’ont qu’à l’écouter, comme ils écoutent les pianistes morts il y a longtemps. En ne donnant que si peu de concerts en France, Maurizio Pollini facilite la tâche des organisateurs, certains de faire salle comble, et vraisemblablement recette, lorsqu’ils l’engagent.

Mais n’est-il pas excessif d’écrire que le pianiste italien joue en France ? Il ne joue qu’à Paris ! l’on excepte d’anciennes et rarissimes visites dans les provinces françaises, au Festival de la Grange de Meslay, près de Tours (celui dont Sviatoslav Richter est le patron), à Strasbourg, à Lille (il semble nous souvenir qu’il avait dû y être remplacé en dernière minute) et, peut-être, ailleurs (nous avons beau être attentif à sa carrière, nous ne sommes pas obsessionnels au point de suivre le pianiste à la trace… Que les mélomanes qui ont eu la chance de l’entendre à Gisors, Vierzon ou à Clermont-Ferrand nous pardonnent et nous envoient une carte postale pour nous raconter l’événement). Pollini ne joue donc qu’à Paris, et fort peu : en récital et avec des orchestres en tournée et, de moins en moins souvent, semble-t-il, avec l’Orchestre de Paris.

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