Maurizio Pollini et la modernité

Qui est Maurizio Pollini, pianiste discret par excellence ? Est-il vraiment, comme on le dit parfois, l’homme qui vient du froid par sa modernité ? Interview, débat.

Maurizio Pollini est un pianiste réputé très réservé. Il n’aime pas la publicité et n’accepte pratiquement pas de rencontrer les journalistes, de sorte que ses interviews constituent des événements rarissimes. Par ailleurs, contrairement aux autres grands pianistes internationaux, Maurizio Pollini, en France tout au moins, déchaîne les tempêtes. On dit qu’il est froid, il fait peur ! On dit aussi qu’il joue la musique romantique comme la musique contemporaine, qu’il affectionne. Enfin, on lui reproche de se produire très rarement en concert (une seule fois la saison dernière à Paris).
On trouvera ici un entretien exclusif de Maurizio Pollini avec Umberto Masini, directeur de la revue Musica à Milan. Un événement. Pour le débat, nous donnons ensuite la parole à deux journalistes et critiques musicaux, Alain Lompech (Le Monde), porte-parole des “contre”, et Maryvonne de Saint-Pulgent (Le Point), porte-parole des “pour”. Vincent Rouillon conclut sur la “modernité” de ce pianiste. A l’amateur de juger selon que ses goûts musicaux le portent, selon le mot de Maryvonne de Saint-Pulgent, vers un piano apollinien (ordre et mesure) ou dionysiaque (ivresse et extase).