Nelson Freire : « Il faut toujours éprouver du plaisir »

Brésilien jusqu’au bout des doigts, ce concertiste de renommée internationale ne pourrait vivre sans son pays. Quel est donc son secret pour conjuguer l’art du piano avec – tout simplement – l’art de vivre ?

Nelson Freire, vous êtes né en 1944 et vous avez commencé très tôt le piano. Quels souvenirs conservez-vous des années 50 ?
Il y avait à l’époque beaucoup plus de possibilités qu’aujourd’hui pour apprendre et pour jouer. Il est actuellement très difficile pour un jeune Brésilien de commencer une carrière.
Pourtant, dans les années 50, les conditions sociales n’étaient tout de même pas fabuleuses…
Ayant commencé à apprendre le piano à trois ans, j’ai donné mon premier concert dans l’année qui a suivi, dans ma ville natale, à Buonesperanza, dans l’Etat du Minas Gérais. J’avais commencé à étudier avec les nonnes d’une école religieuse, puis avec un professeur qui habitait à Varginia, à quatre heures de bus de Buonesperanza. A l’époque, la route n’était pas goudronnée. C’était assez épique quand il pleuvait… Après douze leçons, ce professeur a appelé mon père. Il n’avait plus rien à m’enseigner. Il fallait partir pour une grande ville. Ce fut Rio. Nous étions cinq enfants et mon père décida de prendre toute la famille, de quitter notre maison spacieuse et de changer de métier (de pharmacien, il est passé à un emploi dans la banque), pour que je puisse étudier à Rio.

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