Faut-il toujours jouer par cœur ?

Sviatoslav Richter joue en concert avec la partition. Il rejette le faux “exploit” de la mémoire et conseille aux jeunes pianistes d’adopter cette méthode qui leur permettra, dit-il, de ne pas nous assommer toute leur vie avec les mêmes programmes… Gérard Parmentier, ancien élève d’Aldo Ciccolini et de Gina Bachauer après ses études au Conservatoire de Paris, professeur au Conservatoire de Pampelune en Espagne, chef de chant à l’Opéra de Paris, grand improvisateur, nous dit son sentiment à ce sujet.

Ayant entendu Sviatoslav Richter — je dis bien “entendu”, et non “vu” — je compris un soir la leçon et ai décidé de faire confiance au conseil du maître. J’ai peu à peu réalisé qu’effectivement je n’étais pas tenu de jouer systématiquement de mémoire.
Le texte fait partie de l’alchimie musicale. Lorsque l’artiste joue de mémoire, il a recours à trois mémoires :
• la mémoire visuelle, qui fait défiler le texte dans sa tête ;
• la mémoire digitale, où les cellules ont pris les empreintes avec les mains sur l’instrument (cela est valable pour les chanteurs pour qui les sensations physiques sont primordiales) ;
• la mémoire auditive, qui permet par réflexe musical de suivre d’oreille les notes, qui seront effacées dans la tête.

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