L’influence de Chopin en Amérique latine

En 1845, le pianiste américain Louis Moreau Gottschalk (il est né à La Nouvelle-Orléans) joue Chopin dans un concert où il a invité le Tout Paris. Chopin, présent, le félicite à l’issue de son exécution. Gottschalk n’aura pas l’occasion de nouer ni de développer des relations avec lui, et pourtant il va devenir l’un de ses plus fervents interprètes tout en essayant de prendre une place similaire à la sienne dans la culture caraïbe.

Chopin avait composé des mazurkas, des polonaises, des krakowiak… pour la Pologne. Dans le même esprit – comme il l’écrit lui-même –, Gottschalk compose des morceaux qui s’inspirent directement des danses antillaises ou des danses noires qu’il a entendues à La Nouvelle-Orléans, sa ville natale. Alors que Liszt a renoncé au concert, que Chopin n’est plus, la ferveur du public envers Gottschalk croît très rapidement en Europe, notamment en Espagne où il bénéficiera de privilèges – d’excellentes relations avec la cour d’Espagne – que n’obtint pas Liszt lors de sa tournée en 1845. De fait, la carrière de Gottschalk se poursuit brillamment à travers toute l’Europe, puis aux Etats-Unis et surtout à Cuba, île qu’il affectionnait particulièrement et où va se développer une école pianistique sous haute influence chopinienne.

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