Le piano de Stockhausen, des années cinquante à aujourd’hui

Les Klavierstücke de Stockhausen se caractérisent par la recherche systématique de sonorités et de formes inouïes. Examinons-les en détail.

« Malgré ou a cause de la grande importance accordée à la “composition de timbres” dans ma musique électronique et dans mes œuvres orchestrales et vocales, il m’est arrivé périodiquement de me concentrer sur des “pièces pour piano”, c’est-à-dire sur la composition pour un seul instrument, pour dix doigts, avec de minutieuses nuances de timbre et de structure. Ce sont pour moi des “dessins” (drawings) (1). » Pianiste de formation, Karlheinz Stockhausen a utilisé le clavier pour élaborer ses idées nouvelles à l’aune desquelles il devait composer ses grandes partitions. Tout comme celui de Gyorgy Ligeti (2), le piano de Karlheinz Stockhausen est une véritable somme. Comme chez son aîné hongrois, le clavier occupe chez le compositeur allemand, qui célèbre cette année son soixante-dixième anniversaire, deux périodes séparées par un long silence. Mais, chez lui, le contexte diffère d’autant plus que, dans l’intervalle, est née une partition capitale, Mantra (1970), pièce de plus d’une heure pour deux pianos et modulateurs à anneau.

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