L’école française de piano

L’école française de piano — si tant est qu’une telle “école” puisse se décliner au singulier… – est née au cours de la deuxième moitié du 19e siècle, sous l’influence d’Antoine Marmontel et de Georges Mathias. Suivant leurs traces, apparaîtront tous les grands noms qui ont marqué le piano français, d’Isidore Philipp et Camille Saint-Saëns à Vlado Perlemuter et Yvonne Lefébure, en passant par les célèbres maîtres dont le disque naissant a pu conserver quelques traces aussi ténues qu’évocatrices : Alfred Cortot, Yves Nat, Ricardo Vines…

Dès l’apparition des premiers pianos, la France s’est trouvée au cœur d’une évolution dans laquelle compositeurs, facteurs et interprètes étaient étroitement liés. A l’époque romantique, tous les plus grands pianistes venaient chercher la consécration à Paris, où résidaient Chopin et Liszt. Mais il a fallu attendre encore quelque temps avant de voir se profiler à l’horizon une véritable école d’interprétation française. La vision musicale exubérante des grands virtuoses romantiques (Herz, Litolff, Thalberg, Liszt) se prêtait mal à la transmission d’un style spécifique. Certes, tous enseignaient, mais ils ne pouvaient transmettre ce qui était intimement lié à leur personnalité et qui faisait figure de caractéristique dominante.

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