György Ligeti, de la période hongroise à aujourd’hui

Si György Ligeti a écrit un certain nombre de pièces pour piano lors de sa période hongroise (avant 1956), il n’a pratiquement pas écrit pour cet instrument lors de sa période “avant-gardiste” des années 1960-1975. Puis viennent, en 1976, les Trois Pièces pour deux pianos, et, à partir des années 80, l’ensemble des Etudes qui paraissent constituer l’aboutissement de la troisième période de ce compositeur aux multiples aspects.

La période hongroise, “moderne, dissonante, chromatique”

Les premières œuvres sont celles d’un jeune compositeur qui, encore étudiant au plus noir de la Seconde Guerre mondiale, ignorait tout de l’école de Vienne, à l’exception de quelques pages de Berg. Lieder pour voix et piano. trio pour violon, violoncelle et piano, duo pour violon et piano, danses de noces et sonatine pour piano à quatre mains, enfin la Fantaisie chromatique écrite en 1956, mais que Ligeti hésite toujours à publier, quantité de pièces pour et avec piano sont nées durant la période hongroise de Ligeti. L’essentiel de ces pages est resté à l’état de manuscrit. Ces travaux d’étudiant sont placés pour la plupart sous le signe de Couperin, Rameau, Haydn, Mozart ou Schumann. Parmi ce florilège, Ligeti n’a jusqu’à présent accepté de publier que trois morceaux, deux Capricci composés entre mai et septembre 1947 et qui ne seront créés qu’en 1978, dans lesquels s’imposent déjà deux préoccupations fondamentales du compositeur : l’intervalle (Capriccio n°1) et le rythme (Capriccio n°2). Tout comme l’Invention de janvier 1948, vestige d’un ensemble d’inventions à deux et trois voix placées sous le sceau de Bach, ces pièces sont nées alors que le jeune compositeur était encore l’élève de Sandor Veress. C’est ce dernier qui lui suggéra d’écrire ces pages dans un style plus “personnel”. Ces œuvres restent néanmoins proches de la musique populaire des Balkans et de celle de Bartok pour les premières, alors que la troisième est à la fois recherche mélodique et travail contrapuntique et rythmique fondé sur le principe de l’imitation : de petites cellules mélodiques de neuf ou dix sons sont disposées symétriquement autour d’un axe pivot dont elles se rapprochent ou s’éloignent plus ou moins.

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