L’ultime partition de Schumann chez Urtext Henle

Après avoir édité pratiquement toute l’œuvre pour piano de Schumann en édition Urtext (originale), les Editions Henle ont décidé de se consacrer aux Geistervariationen, dernière pièce pour piano de Schumann, dont il n’existait d’ailleurs aucune édition commercialisée. A la recherche de l’Urtext.

D’où vient le titre étrange de cette pièce, qui, bien que courte, sert remarquablement le piano ? Il n’a été donné ni par Schumann ni par sa femme Clara, à qui la pièce est dédiée. Il n’indique pas non plus une référence à une œuvre littéraire, mais est lié, en réalité, aux circonstances tragiques de la vie de Schumann à cette époque. Clara raconte dans son journal que son mari entendit tout à coup, en février 1854, des voix imaginaires ; il se croyait entouré d’anges et de diables qui l’assaillaient de musiques tour à tour magnifiques ou terrifiantes. Durant la nuit du 17 février 1854, Schumann se leva pour noter un thème en mi bémol majeur que « des anges lui dictaient ». Un peu plus tard, il raconta à un ami que l’esprit de Schubert lui était apparu pour lui offrir ce beau thème en mi bémol majeur (la vérité est qu’il l’avait lui-même utilisé dans des compositions antérieures, notamment au début du deuxième mouvement de son concerto pour violon). « Les jours suivants, c’était toujours la même chose, il voyait en alternance de bons ou de mauvais esprits autour de lui […]. En même temps, il avait une telle clarté d’esprit qu’il composait autour du thème touchant, pieux, qu’il avait noté dans la nuit […], des variations tout aussi touchantes et saisissantes », résume Clara Schumann.

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