Christian Zacharias : le piano schubertien

Le pianiste Christian Zacharias entretient avec la musique de piano de Schubert un rapport à la fois émerveillé et aigu. Pour lui, Schubert n’est pas un compositeur pour piano, un compositeurpianiste – ce qui peut expliquer le dédain dans lequel de nombreux solistes maintiennent son œuvre. Christian Zacharias ne craint pas d’affirmer que le “vrai” piano schubertien n’est pas celui des sonates, mais celui des pièces à quatre mains et celui des lieder. Un point de vue au-delà des idées reçues…

Schubert aurait dit : « Qui peut faire quelque chose après Beethoven ? »
Après Beethoven – une sorte de révolutionnaire, qui se saisit du piano, y démontre ses qualités de virtuose, d’improvisateur, de compositeur qui va jusqu’au bout de ses idées, les travaille, les développe, les soumet à lui – arrive quelqu’un qui n’essaie pas de prouver qu’on peut inventer, qui accepte ce qui est, et qui, parce qu’il est à l’écoute, entend des choses que personne n’a entendues avant lui. Dans son style de piano, il y a d’abord l’écoute et ensuite l’écriture. Plutôt que d’utiliser ses doigts pour frapper, il semble les laisser tomber, tendre l’oreille, prendre son temps. Alors viennent les harmonies, et avec elles les mélodies, les développements, les événements. C’est ce qui rend son piano unique.

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