Les fils Bach

Les quatre fils musiciens de Johann Sebastian Bach se prénomment Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel, Johann Christoph Friedrich et Johann Christian. Les deux aînés et les deux cadets ne naquirent pas de la même mère ; ils appartinrent à deux générations différentes. Musicalement, les quatre frères ne forment donc pas un groupe. Ils n’eurent en commun qu’un père à la stature écrasante et avec lequel, de son vivant et après sa mort, ils n’entretinrent pas les mêmes rapports. Cependant, la musique pour clavier (clavecin, clavicorde, pianoforte) a joué chez tous les quatre un rôle important.

Wilhelm Friedemann

Né en 1710 à Weimar et mort à Berlin en 1784, fut le “préféré” de Johann Sebastian, qui sui vit son éducation de près. De 1733 à 1746, il fut organiste à Dresde, écrivant alors la plus grande partie de sa musique instrumentale, puis, à partir de 1746, il dirigea la musique de la ville de Halle, où il composa la quasi-totalité de sa musique vocale (cantates). De caractère instable, tiraillé entre l’ancien et le moderne, il passa ses vingt dernières années en musicien “indépendant” et mourut dans la misère. Compte non tenu de quelques pièces isolées comme le Concerto a duoi cembali concertati en fa majeur F. 10 ou le Concerto per il cembalo solo en sol majeur F.40 (dans la descendance directe du Concerto italien de Johann Sebastian), sa production pour clavier se répartit en trois catégories principales : sonates, polonaises, fantaisies. Deux sonates parurent en 1745 et en 1748: l’une brillante et assez compliquée (F.3 en ré majeur), l’autre plus chantante et italianisante (F.5 en mi bémol majeur). Wilhelm Friedemann, qui s’était taillé une réputation de compositeur difficile, n’osa pas publier la série de six annoncée à l’origine. Ses sept autres sonates restèrent inédites.

Pour lire la suite de cet article (2344 mots):