Krystian Zimerman, pudeur et perfection

La vie de Krystian Zimerman est placée sous le signe d’une quête inlassable de perfection. A 44 ans, il n’est plus le jeune homme qui a ébloui le jury du Concours Chopin de Varsovie en 1975, c’est un artiste à la maturité empreinte de profondeur et de sensibilité épurée.

Discrétion et indépendance

Pudique, il se protège du jeu médiatique, mais, en récital, il se donne entièrement à son public. S’il préfère approfondir les textes musicaux dans un havre de paix suisse, près de la frontière française, il n’en reçoit pas moins des élèves auxquels il communique son feu intérieur.
Chacune de ses apparitions scéniques a valeur d’événement tant sa personnalité et son jeu pianistique fascinent un auditoire davantage habitué aux effets d’estrade. Avare d’interviews, refusant de surcharger son calendrier, secret – il lui arrive de se retirer en Pologne pour profiter des joies de la nature –, il n’en est pas moins facile de contact, affable, d’une grande simplicité et respectueux de la liberté d’autrui comme il l’est de sa propre indépendance. Avec le temps, son jeu, jadis plus démonstratif mais sans artifice, a évolué dans le sens d’une pureté plus minérale.

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