Bruno Rigutto, une approche libre de l’interprétation

Bruno Rigutto a découvert le piano chez la voisine qui le gardait, à l’âge de trois ans. « Je jouais avec tellement de facilité qu’elle a très vite conseillé à mes parents, complètement étrangers au monde musical, de me faire rencontrer un professeur. Trois mois plus tard, je prenais mes premiers cours chez une femme médecin du quartier. J’étais alors capable de jouer une sonate facile de Mozart et déjà la composition m’intéressait beaucoup. »

Un pianiste très particulier

Il reçoit son premier grand choc musical lors d’un concert dirigé par Roberto Benzi, âgé de 14 ans. Bouleversé, il déclare à son père : « je veux être tout : chef d’orchestre, violoniste, musicien d’orchestre… ». Réalisant qu’ils avaient face à eux un pianiste très particulier, ses professeurs successifs ont eu l’honnêteté d’admettre leurs limites. Il en connaît successivement onze de 3 à 7 ans. C’est encore un hasard qui lui permet de rencontrer la femme exceptionnelle qui lui ouvrira les portes d’un apprentissage sérieux. Alors qu’il réalise un travail chez Leygues, Prix de Rome de sculpture, le père de Bruno Rigutto rencontre Tony Aubin, dont la femme est répétitrice de Lucette Descaves au Conservatoire de Paris. Louise Clavius Marius le trouve cependant bien jeune (il a 8 ans) mais consent malgré tout à lui accorder un rendez-vous. Après l’avoir entendu jouer, elle lui demande d’improviser. Il ne lui en faut pas d’avantage pour le prendre sous sa protection et le faire entrer au Conservatoire. “De nombreux pianistes de ma génération – Brigitte Engerer, les sœurs Labèque, Jean-Claude Pennetier, Pascal Rogé, Georges Pludermacher… – ont eu la chance de bénéficier de son enseignement de grande qualité.”

Pour lire la suite de cet article (858 mots):