Une grande pédagogue, Maria Curcio

Maria Curcio : à n’en pas douter, l’un des noms les plus mythiques de l’enseignement du piano durant la seconde moitié de ce siècle. Elle dit avoir eu deux grands maîtres : Artur Schnabel et Benjamin Britten. Elle a fait travailler des pianistes aussi différents que Huseyin Sermet, Alfredo Pearl ou Rafaël Orozco.

Tout commença en musique. Dès sa naissance, à Naples, Maria Curcio fut bercée par le jeu d’une mère excellente pianiste qui avait été l’élève de Caffarelli, le plus célèbre assistant de Busoni avec Scaramuzza. « Elle jouait magnifiquement, et c’est la qualité et la pureté de sa sonorité qui m’ont donné l’envie de devenir pianiste. Dès mes débuts, il a fallu mettre au point un dispositif permettant à un enfant d’actionner les pédales de l’instrument. Sans cela, je me refusais à travailler ! L’enseignement de ma mère a été capital : comme l’on pose la voix d’un chanteur, elle a su me “poser la main”, me former les muscles au moyen des exercices appropriés. » Elle l’a ainsi préparée à tirer pleinement profit des grandes rencontres qui allaient suivre…
Maria Curcio avait 5 ans quand Alfredo Casella la découvrit. « C’était un pianiste extraordinaire, par ailleurs très imprégné de culture française. Il m’a ouvert les portes de la musique et fait découvrir beaucoup de répertoire moderne (Stravinsky, Ravel…). »
Autre pianiste d’importance, Carlo Zecchi n’ignora pas le talent de la jeune Maria Curcio qui eut le bonheur de recevoir plusieurs leçons de celui dont « le son faisait songer à des perles, mais pas des perles détachées : il avait un legato merveilleux ».

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