Beethoven : La Sonate “Au Clair de lune”

La Sonate n°14 en ut dièse mineur de Beethoven dont le titre de “Au clair de lune” fut inventé par le poète Ludwig Rell­stab, contemporain du compositeur, est un passage obligé pour tout interprète des sonates. Maintes fois transposée, devenue myth­ique grâce à son Adagio sostenuto initial, elle occupe une place privilégiée dans le macrocosme du clavier beethovénien.
Jean-Claude Pen­netier, qui s’apprête à enregistrer une intégrale des sonates (chez Lyrinx), livre ses réflexions sur les questions d’interprétation que soulève cette œuvre énigmatique dédiée à Giulietta Guicciardi, dont Beethoven était, sans réciprocité, profondément épris.

La sonate “Au clair de lune” est d’une écriture tellement claire au niveau des intentions du compositeur qu’elle ne me pose pas à vrai dire de problèmes d’interprétation, mais plutôt de réalisation, car il s’agit surtout de respecter le texte, mais en le faisant bien sûr avec imagination. En réalité, l’œuvre se situe, à la fois par ses arpèges et ses harmoniques, du côté de la Fantaisie en ré mineur de Mozart, mais elle anticipe aussi sur l’esprit de Schubert.

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