Les répétitifs américains

Steve Reich, Phil Glass, John Adams…, ces quelques noms de compositeurs américains sont aujourd’hui célèbres, bien plus, semble-t-il, que ce que permet habituellement l’audience réduite de la musique dite contemporaine. Leur succès a des causes multiples, le retour d’un certain “mélodisme”, l’importance accordée au rythme ainsi que la collaboration avec des musiciens “non savants”. Plus encore, c’est la convergence d’idées et de pratiques avec d’autres domaines que la musique – notamment les arts plastiques et la danse… – qui a accru la résonance de leurs œuvres. Portrait de quelques “répétitifs” à travers leur musique de piano.

Steve reich se souvient de ses études au Mills College, en 1961-1963 : « Il fallait écrire des séries de douze sons. Sinon, vous n’existiez tout simplement pas, vous faisiez figure d’insensé. Alors je me suis exécuté. Et savez-vous ce que j’ai fait ? J’écrivais une série de douze sons, mais je ne la transposais ni ne l’inversais ni ne la mettais sous forme rétrograde. Je la répétais un grand nombre de fois ! Berio, qui était mon professeur, a vu cela et m’a demandé pourquoi je n’écrivais pas de musique tonale. « C’est bien ce que j’essaie de faire ! » lui ai-je répondu. J’ai alors tout simplement été “débarqué” du monde musical académique. Je n’ai pu obtenir aucun poste comme professeur, et c’est pour cela que j’ai dû gagner ma vie comme chauffeur de taxi, puis en montant une petite affaire de déménagement de meubles. Mais je continuais d’écrire. »

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