Composer pour le piano aujourd’hui

Une bonne nouvelle : le piano revient chez les compositeurs d’aujourd’hui ! Quatre d’entre eux,  Suzanne Giraud, Marco Stroppa, Martin Matalon, Eric Tanguy… écrivent actuellement une œuvre pour cet instrument. Ils nous commentent leur travail.

Après les années 50, durant de longues années, le piano, instrument soliste, ne sembla plus guère attirer les compositeurs. La quantité toujours considérable de partitions nouvelles publiées dans le monde ne pouvait endiguer cette impression. Mais, vers le milieu des années 1980, sous l’impulsion des deux recueils d’Etudes de Maurice Ohana et, surtout, de celles de György Ligeti (voir Piano n°11), le piano a commencé à retrouver les faveurs des créateurs. Mais la composition pour cet instrument a un peu changé de physionomie.
Si les compositeurs, dans la logique d’un John Cage ou du piano mécanique façon Conlon Nancarrow, ont exploité toutes les possibilités du piano, au point de faire jouer parfois davantage le pianiste dans le coffre de l’instrument que sur les touches du clavier, beaucoup retrouvent aujourd’hui le piano pour ce qu’il est, autant un instrument percussif que mélodique, harmonique, rythmique, pour la largeur de son ambitus et son aptitude à la nuance.
Par ailleurs, comme l’affirme le pianiste américain Jay Gottlieb, spécialisé dans la musique d’aujourd’hui : « On voit de plus en plus de jeunes compositeurs qui tentent la fusion entre les musiques populaires et les musiques savantes. J’ai ainsi reçu dernièrement une pièce d’une jeune Japonaise qui s’intitule Techno Etude. Une autre tendance actuelle est l’antagonisme métrique, c’est-à-dire le contraste, parfois dans la même pièce entre les musiques très mesurées et les musiques qui “flottent” librement dans le temps, . »

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