Jean-Louis Adam et Johann N. Hummel, les premiers maîtres du pianoforte

Au début du 19e siècle, le pianoforte, cet instrument relativement neuf, enfin dissocié du clavecin,  suscita un engouement qui exigeait des outils d’apprentissage efficaces. Ainsi apparurent les premières méthodes  : Jean-Louis Adam et Johann Nepomuk Hummel s’y attelèrent, formulant des principes dont la plupart valent encore aujourd’hui.

Depuis quelque temps, on assiste à un authentique renouveau du pianoforte, et personne ne s’étonne aujourd’hui d’entendre la musique de Mozart, Schubert, Beethoven ou Chopin jouée sur un instrument d’époque, presque toujours d’ailleurs en référence précise, et d’autant plus intéressante, à la période qui vit naître cette musique. Car le piano Broadwood de Beethoven n’est déjà plus le Stein que connut Mozart, et le Pleyel de Chopin brille sans doute d’accents plus puissants et plus définis que le piano de Beethoven. En face de la harpe, de la flûte, de la trompette, de l’orgue, et même du violon, instruments très anciens, dont certains remontent aux époques les plus lointaines de l’Antiquité, le piano est un des instruments les plus récents de l’histoire de la musique occidentale et, s’il fut conçu par Cristofori dans les toutes premières années du 18e siècle, sa véritable utilisation ne remonte qu’à deux siècles.
Pour cet instrument relativement “récent” qui, dès son origine, subit de perpétuels perfectionnements et transformations pour donner le piano moderne que nous connaissons, les musiciens ont très vite imaginé de rédiger des méthodes pédagogiques dont l’ampleur et l’ambition n’ont fait que croître. Cet intérêt pour le pianoforte est lié à plusieurs circonstances. Tout d’abord, à la charnière des 18e et 19e siècles, de plus en plus nombreux furent les amateurs qui pratiquaient le pianoforte, car celui-ci permettait l’exécution d’un répertoire riche et varié. Il était peu de salons bourgeois qui ne fussent décorés de cet instrument moins encombrant et moins onéreux que le clavecin qu’il avait remplacé, et, en tout cas, d’un entretien plus facile. « Le piano est maintenant l’instrument le plus répandu, notait un chroniqueur du Journal de Paris en 1805. Aucun, en effet, n’offre plus d’agréments et de ressources à celui qui en fait l’étude, soit pour l’exécution, soit pour la composition. L’amateur le mieux exercé peut en tirer encore parti, ne fût-ce que pour se rendre raison des effets musicaux qu’il veut soumettre à l’examen. »

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