Un grand d’Espagne : Eduardo del Pueyo

A la fois soliste et pédagogue, le pianiste espagnol Eduardo del Pueyo (1905-1986) fut notamment un grand interprète de Beethoven. Son enseignement, tel qu’il le pratiqua au Conservatoire royal de musique de Bruxelles, mérite d’être redécouvert.

Quatorze ans après sa disparition près de Bruxelles, le 18 novembre 1986, à l’âge de 81 ans, Eduardo del Pueyo continue d’exercer sur ses anciens élèves du Conservatoire royal de Bruxelles la même fascination – celle d’un immense pédagogue entièrement dévoué à la musique. « Je trouve dans la musique, disait-il, la plus haute raison de croire à la possibilité de maintenir ensemble les extrêmes les plus opposés, les plus irréductibles, et de leur donner ces marges de liberté permettant d’harmoniser le tout, non pas par une tolérance de façade, non plus par des compromis, mais par une volonté conciliatrice de chaque élément en jeu. C’est cela le grand enseignement de la musique. » Tout autant philosophe qu’humaniste, il fut un interprète réputé de l’œuvre de Beethoven – on lui doit d’ailleurs un enregistrement très personnel des 32 sonates, hélas disparu du catalogue – et un représentant de la tradition du piano espagnol comme de la musique française. Peu enclin aux démonstrations oratoires et à la publicité médiatique, il est aujourd’hui admiré par quelques aficionados – une Association del Pueyo existe d’ailleurs en Belgique –, mais le grand public a oublié qu’il fut un immense pédagogue et un pianiste de renom.

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