Mozart à quatre mains et deux pianos

Si Mozart n’est pas le premier à avoir composé pour piano à quatre mains, c’est bien lui qui fit du jeu “en couple” un genre authentique. Et ce répertoire-là, nous le devons bien sûr au génie de Wolfgang, mais également à une cause, pourrait-on dire, plus “circonstancielle” : l’affection mutuelle qui liait le compositeur à sa sœur Nannerl…

Lorsque, de Londres, le 9 juillet 1765, Leopold Mozart informe sa femme que « Wolfgang a écrit sa première pièce pour quatre mains (pour lui et Nannerl, paraît-il). Jusqu’ici personne n’avait encore fait de sonates à quatre mains », il s’agit plus d’un sentiment de légitime fierté paternelle que d’une authentique assertion historique.
Soyons clairs, Mozart n’est pas l’inventeur du genre. Il existe, en effet, dès le début du 17e siècle quelques pièces des compositeurs anglais Tomkins et Carlston for two to play. Presque un siècle plus tard, Haendel compose à son tour Zwey Fuguen für zwey Personen auf einem Clavier.
Il est aisément imaginable que d’autres tentatives aient vu le jour au long du 17e siècle et dans la première partie du 18e siècle sans nous parvenir. En revanche, il est permis de douter que Mozart ait pu avoir connaissance de ces quelques œuvres pionnières. Les influences plus directes sur le jeune Mozart viennent davantage de ses contemporains, Jean-Chrétien Bach et Niccolo Jommelli.

Pour lire la suite de cet article (2258 mots):