Jouer Mozart : comment travailler la Sonate en la mineur

Composée à Paris en mai 1778, la Sonate en la mineur K.310 est l’une des plus célèbres sonates pour piano de Mozart.  Elle se trouve en quelque sorte placée au premier plan de notre mémoire collective mozartienne, au même titre que sa 40e Symphonie ou que son Don Giovanni. Incontestablement, il s’agit là d’une “œuvre phare”. Le pianiste de concert et pédagogue Alexandre Sorel propose ici quelques conseils techniques pour en travailler le premier mouvement.

Lorsque nous abordons une œuvre aussi célèbre que celle-ci, il va de soi que la plupart du temps nous la connaissons déjà plus ou moins “d’oreille”… Cette familiarité peut être le fruit d’une véritable connaissance, mais aussi de perceptions plus vagues, diffuses, dont la coloration affective peut même remonter à notre enfance. En ce qui concerne cette sonate, qui ne se souvient de la voix si chaude et expressive de Gérard Philipe, telle que nous l’entendions dans ce petit chef-d’œuvre pédagogique et musical : Mozart raconté aux enfants ? « Et pourtant Aloysia, est-il possible…, aura oublié Mozart… » Bref, une œuvre célèbre évoque souvent des données qui nous sont personnelles, toute musique, comme le soulignèrent d’aucuns, faisant plus ou moins vibrer les cordes de la mémoire affective.
Cependant, si nous voulons agir en interprète professionnel, notre premier devoir en abordant une telle œuvre est bien entendu de faire abstraction de nous-même et de tout reprendre avec un œil neuf afin de restituer avec le plus d’objectivité possible le message contenu dans la partition. Souvenons-nous d’Anton Rubinstein, qui recommandait à Joseph Hofmann : « D’abord, faites exactement et uniquement ce qui est écrit » !
Les conseils d’étude pour cette sonate de Mozart suivront donc les mêmes principes d’objectivité que j’ai tenté d’adopter dans le numéro 14 de la revue Piano à propos de l’“Appassionata” de Beethoven.

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