Vladimir Ashkenazy, le flamboiement intérieur

Un pianiste russe qui ne croit pas à l’école russe. Un lauréat de concours prestigieux qui se défie des concours. Un pianiste qui a surtout une activité de chef. Un romantique qui vénère Beethoven et Scriabine… L’entretien que Vladimir Ashkenazy a accordé à Stéphane Friédérich dresse le portrait d’un pianiste dont le centre est toujours ailleurs et le talent toujours en mouvement…

Un jour ensoleillé du mois de mai, à Londres, à quelques dizaines de mètres de St Jame’s Park, nous avons rendez-vous avec Vladimir Ashkenazy. Nous l’accompagnons à Croydon, une ville de la banlieue de Londres. Il y dirige en soirée l’Orchestre Philharmonia dans un programme Sibelius et Rimski-Korsakov.

Avez-vous été un enfant prodige ?

On peut le considérer ainsi. J’ai commencé le piano à l’âge de 6 ans. Je trouve d’ailleurs que mes débuts ont été tardifs en comparaison avec certains de mes collègues ! Tout enfant ayant des dons en matière artistique ou dans n’importe quel autre domaine entre dans un système concurrentiel que je trouve déplorable. L’expression “enfant prodige” ne signifie pas grand-chose s’il ne s’agit pas de “la promesse d’un avenir” hors du commun. Or, la plupart des enfants surdoués ne produisent rien d’extraordinaire lorsqu’ils atteignent l’âge adulte. Rassurez-vous, la majorité des grands artistes n’a pas fait de débuts fracassants et c’est très bien ainsi !

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