“Incises” pour piano de Pierre Boulez

Grand compositeur de notre temps, Pierre Boulez – qui est bon pianiste, mais surtout chef d’orchestre – a un goût incisif pour la diversité des timbres et leur mélange. Cet hédonisme du son est sans doute responsable du peu d’œuvres écrites pour piano seul… La composition d’Incises (1994), puis de sur Incises marque donc un “retour” important à l’écriture pianistique soliste. Le pianiste Peter O’Hagan analyse ces œuvres du point de vue de l’interprète à partir de l’édition Universal.

Né d’une commande pour le Concours international de piano Umberto- Micheli de Milan en 1994, Incises se composait à l’origine d’un Prestissimo en forme de toccata précédé d’une Introduction lente. Publiée par Universal Edition (UE 30 200), l’œuvre fit l’objet d’un enregistrement commercial de Deutsche Grammophon (447 766-2).
Par la suite, Boulez fut invité à composer une pièce pour le quatre-vingt-dixième anniversaire de son ami et mécène Paul Sacher : ce fut la première version de sur Incises, exécutée à Bâle par l’Ensemble Intercontemporain, sous la baguette du compositeur, au cours d’un concert marquant le dixième anniversaire de la Fondation Paul-Sacher, le 27 avril 1996.
Cette œuvre de dix minutes pour neuf solistes (trois pianos, trois harpes et trois ensembles de percussions) reprenait en l’enrichissant la pièce pour piano d’origine, avec un long solo de piano encadré par une version pour ensemble de l’Introduction lente et une brève conclusion.

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