Réduire un opéra contemporain pour le piano, est-ce possible ?

En janvier 2003 a eu lieu à l’Opéra national de Lyon la création d’un opéra de Michèle Reverdy, Médée. France Pennetier a été chargée de réduire cette partition – de facture très contemporaine ! – pour le piano. Mission impossible ? La compositrice et la transcriptrice s’affrontent (amicalement) sur ce sujet épineux.

Comment réduire pour le piano une partition d’opéra contemporain ? Comment rendre sur un clavier, aussi étendu soit-il, l’essence d’une musique contemporaine que Michèle Reverdy résume en quelques mots, évoquant son cinquième et plus récent opéra, Médée, créé le 24 janvier 2003 à l’Opéra de Lyon : « Le caractère de la musique du 20#e siècle – cela a commencé avec Wagner –, c’est l’intérêt croissant des compositeurs pour le timbre. Ma musique est thématique, mais je ne conçois cependant jamais un thème sans son enveloppe harmonique. » On imagine sans mal le casse-tête. France Pennetier, qui a eu la charge d’opérer la réduction, ne nie pas la difficulté : « Il n’est pas fréquent qu’on pense à une réduction pour piano d’un opéra contemporain, reconnaît-elle. Mais je pense honnêtement qu’on peut tout réduire, même les opéras en apparence trop complexes, mais il serait peut-être plus aisé de le faire pour un piano à quatre mains, comme on le faisait dans le temps pour les symphonies. »

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