Darius Milhaud : bossa nova, jazz et mélodies

La célébrité de Scaramouche a porté ombrage aux autres œuvres pour piano de Darius Milhaud. Jean Roy nous montre que son répertoire, d’inspiration jazz, brésilienne, ou même purement quotidienne, comme La Muse ménagère, est plein de charme et de fine modernité.

La musique de piano de Darius Milhaud n’est pas, comme celle de Francis Poulenc, une musique de pianiste. Au Conservatoire, Milhaud avait étudié le violon ; il jouait aussi de l’alto et pratiquait le quatuor à cordes, mais, comme presque tous les compositeurs, il pouvait interpréter ses œuvres au clavier, accompagner des violonistes ou des chanteurs et même se produire en soliste, sans prétendre pour autant à la qualification de virtuose. Aussi avait-il écrit, à sa propre intention, en tenant compte de ses possibilités personnelles, sa Ballade pour piano et orchestre, son Carnaval d’Aix et son 2e Concerto pour piano et orchestre. Lors d’un concert donné au Théâtre du Vieux Colombier, je l’avais entendu accompagner ses mélodies et je me souviens aujourd’hui encore de la subtilité de sa sonorité. Il avait lui-même enregistré plusieurs de ses œuvres, les Printemps, quelques-unes de ses Saudades do Brasil, la petite suite intitulée La Muse ménagère et, avec Marcelle Meyer, le célèbre Scaramouche pour deux pianos. La célébration du centenaire de Darius Milhaud sera, nous l’espérons, l’occasion d’une réédition de ces enregistrements “historiques”.

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