Mieczyslaw Horszowski : une siècle de piano, de Lemberg à Philadelphie

Comment ne pas être cosmopolite quand on est né à Lvov, ville aujourd’hui ukrainienne, mais jadis polonaise après avoir été autrichienne sous le nom de Lemberg ? C’est là qu’est né le grand Moriz Rosenthal, un des plus illustres disciples de Liszt ; c’est là que, trente ans plus tard, le 23 juin 1892 naquit Mieczyslaw Horszowski, qui vient de disparaître, le 22 mai dernier, sans avoir atteint ses 101 ans.

Son enfance fut musicale puisque son père était marchand de pianos et que sa mère, son premier professeur, avait été l’élève de Karol Mikuli, le seul véritable héritier de la tradition chopinienne. Ses dons étaient tels qu’on le présenta à Theodor Leschetizky (1830-1915), le célèbre pédagogue viennois, élève de Karl Czerny, qui fut aussi le mentor d’Artur Schnabel, Benno Moïseïwitsch ou Ignace Jan Paderewski. Cette filiation est importante. Jusqu’à la fin de sa carrière, Horszowski aura été avant tout un poète du son. A la différence de nombreux pianistes de sa génération, originaires d’Europe centrale et orientale, il ne cultivera pas la virtuosité pour elle-même mais soignera particulièrement la qualité du toucher, un toucher moelleux et délié, très caractéristique de l’école de Leschetizky dont il sera le dernier représentant. A propos de son maître, il écrivait : « Leschetizky n’avait d’autre principe que le chant. Quand il jouait, son toucher était si beau, avec la sonorité cantabile d’un chanteur. »

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