Stephen Heller retrouvé

L’actualité discographique a récemment remis en lumière Stephen Heller (1813-1888). Une occasion pour la revue Piano d’évoquer cette figure méconnue du romantisme musical et de rencontrer l’un des artisans de sa redécouverte, Jean Martin.

La musique ne comptait guère dans la famille Heller où Stephen — Jacob à l’origine, il n’adopta le prénom Stephen (Istvan) que lors de la conversion de ses parents au catholicisme en 1826 — vit le jour, à Pest, le 15 mai 1813. Pour parvenir à cultiver ses dons musicaux, l’enfant dut faire preuve de beaucoup d’insistance envers son père, qui rêvait de le voir entreprendre un jour une carrière juridique. Après avoir travaillé avec quelques professeurs de fortune, il devint l’élève d’un des pédagogues les plus réputés de Pest, le pianiste Franz Brauer.
Peu après le succès remporté lors de sa première apparition publique en 1824, le jeune prodige prit la direction de Vienne où, pendant trois ans, il poursuivit sa formation auprès de deux anciens élèves de Beethoven : Czerny tout d’abord, puis Anton Halm — dont les tarifs étaient plus abordables !… Dans les deux cas, un travail trop axé sur la seule virtuosité déçut Stephen. En janvier 1828, il offrit au public viennois un concert qui lui valut d’être chaleureusement salué pour son art de l’improvisation. Son père l’imaginait désormais menant une fructueuse carrière de virtuose et l’obligea à entreprendre, en sa compagnie, une tournée de plus de deux ans en Europe centrale.

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