Les professeurs de piano du Conservatoire de Paris, des origines à nos jours

Le Conservatoire national supérieur de musique de Paris a été fondé après la Révolution de 1789. Des classes furent créées pour le clavecin. Puis vint le pianoforte… et s’élabora, peu à peu, la fameuse École française de piano, de Marmontel à Louis Diémer, de Raoul Pugno à Yves Nat, Lucelle Descaves, et tant d’autres. Lourd héritage, héritage incomparable que portent les professeurs d’aujourd’hui…

Quand le Conservatoire ouvrit ses portes en 1795, il n’était pas prévu d’y apprendre le piano, mais le clavecin, seul instrument connu de l’Académie Royale de chant qui venait de se greffer à l’Institut national de musique (né en 1792) afin de créer ce nouvel établissement. De ses origines révolutionnaires, cette institution conserve un programme orienté vers la formation de musiciens de fanfare et ne se “civilisera” vraiment qu’après l’arrivée de Cherubini, en 1822. Aussi ne compte-t-on que quatre professeurs de clavecin (pour soixante d’instruments à vent), auxquels le directeur Bernard Sarrette, entouré de Gossec et Méhul, va demander très vite de devenir pianistes. Il nomme cependant dès la fin de l’année deux professeurs supplémentaires rompus à la technique du pianoforte, deux élèves d’Hullmandel, Hélène de Montgeroult et Hyacinthe Jadin. Louis Jadin, frère de Hyacinthe, les rejoint en 1796, puis Louis Adam et l’autrichien Ignaz Anton Ladurner et enfin Nicodamy et Boieldieu, en 1798.

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